Microplastiques et perturbateurs endocriniens : quel lien ?

Tandis que les articles sur les microparticules et les perturbateurs endocriniens se multiplient, tous les deux dans une thématique de santé environnementale, une certaine confusion s’est développée quant à la frontière entre ces notions. Quelle est le rapport entre microplastiques et perturbateurs endocriniens ? Quelles sont les différences ? Petite Tortue vous explique tout.

Un microplastique est un fragment de plastique d’une taille inférieure à 5 mm. En d’autres termes : un microplastique est un morceau de plastique de taille microscopique. Il existe deux types de microplastiques : les primaires et les secondaires. Il peut être primaire s’il est fabriqué volontairement (ex : certaines crèmes solaires) ; ou secondaire s’il est issu de la dégradation d’un objet plus grand.

Le problème avec les microplastiques c’est qu’ils sont des “morceaux” de plastique de toutes les tailles (inférieures à 5mm). Comparer des microplastiques revient à comparer deux tas de débris dans une décharge : un grand nombre de pièces toutes de formes et de tailles différentes. Généralement, pour ce genre de comparaison on utilise le poids : on pèse les deux tas de débris et en déduit que l’un contient plus de déchets de l’autre car il est plus lourd.

Le problème est que peser des micro-plastiques est impossible. Ils sont bien trop légers. On se retrouve donc obligés de les compter.

La méthode utilisée en laboratoire est d’utiliser un filtre. On verse de l’eau à travers un filtre et on regarde ce qui reste dans le filtre. Malheureusement il n’existe pas de protocole normé pour cela. Certains laboratoire utilisent des filtres de 5 mm tandis que d’autres préfèrent des filtres 1000 fois plus fin de 0,005 mm. Or un gros filtre va retenir moins de particules (seulement les plus grosses) et on aura donc l’impression que le liquide filtré est moins pollué. Au contraire, si le filtre a un maillage fin alors on attrapera beaucoup plus de particules et cela donnera l’impression que le liquide est beaucoup plus pollué.

pose d'un filtre à membrane en laboratoire

Pose d’un filtre à membrane en laboratoire

C’est pour ces raisons qu’on observe de si gros écarts dans le nombre de particules de microplastiques émises par tel ou tel produit, allant facilement de quelques milliers à plusieurs millions de particules.

Le plastique est un matériau formé de longues chaînes moléculaires identiques, produites en série à partir des mêmes briques de base. Pour que ces chaînes tiennent ensemble, pour les rendre plus résistantes ou pour leur donner une couleur, on y ajoute des substances appelées additifs. Prenons l’exemple du polypropylène, le plastique le plus utilisé dans les biberons : ses additifs améliorent sa résistance à la chaleur, aux UV ou encore sa mise en forme. Ces chaînes de plastique sont donc reliées entre elles par ces additifs, qui se comptent par milliers sur le marché.

Base polymère et additifs d'un plastique

Beaucoup d’additifs, surtout ceux d’origine synthétique, agissent comme des perturbateurs endocriniens. Leur particularité est qu’ils imitent nos hormones et trompent ainsi notre organisme. Quand le plastique s’use, sous l’effet de la chaleur, des frottements (comme lors du lavage d’un biberon) ou au contact de certains produits ; des microplastiques se détachent, emportant avec eux des perturbateurs endocriniens.

Schéma de la libération de particules de microplastiques et de perturbateurs endocriniens lors du lavage d'un biberon en plastique

Schéma de la libération de particules de microplastiques et de perturbateurs endocriniens lors du lavage d’un biberon en plastique

Un plastique est toujours composé d’une base polymère, à laquelle on ajoute systématiquement des additifs pour lui conférer les propriétés souhaitées. Dans le cas du polypropylène, ces additifs sont cruciaux pour sa résistance et sa forme. Les microplastiques deviennent alors le vecteur qui transporte ces additifs dans notre organisme.

L’Europe encadre l’exposition aux additifs : évaluations scientifiques poussées, autorisations contrôlées, restrictions ou interdictions en cas de risque avéré. Mais ce processus prend du temps et doit être repris du début pour chaque nouvel additif (il en existe plusieurs dizaines de milliers).

On ne parvient pas encore à évaluer avec certitude les effets d’une exposition quotidienne, même à faible dose. Pourquoi ? Parce que les sources d’exposition sont innombrables, que la sensibilité varie énormément d’une personne à l’autre, et surtout il n’existe pas de « patient zéro » non exposé pour servir de référence !
Certaines études relèvent cependant dans tout le monde occidental (le plus exposé au plastique) des pubertés de plus en plus précoces, des problèmes hormonaux et de fertilité, et la présence de microplastiques dans le corps de chaque être humain testé.

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