Catégorie : Santé

  • Microplastiques : les risques pour notre santé et celle des bébés

    Microplastiques : les risques pour notre santé et celle des bébés

    Les microplastiques (parfois orthographiés « micro-plastiques « ) font désormais l’objet de nombreuses études scientifiques mettant en lumière leurs dangers pour notre santé. Mais que sont les microplastiques et quels risques posent-ils réellement sur notre santé ? On vous explique tout dans cet article.

    particules de plastique

    Définition 📖

    On appelle « microplastiques » les particules de plastiques mesurant plus d’un micromètre (µm) et moins de 5 mm. Si la particule a une taille inférieure à 1 µm on parle alors de « nanoplastique ».

    Les microplastiques sont aujourd’hui omniprésents dans notre environnement. On en retrouve dans l’eau du robinet, dans l’air, dans certains de nos aliments et même dans notre corps et celui des nouveau-nés. Mais d’où vient ce plastique ? Comment se fait-il qu’il se soit répondu partout autour de nous jusqu’à nous causer des problèmes de santé ?

    Microplastiques primaires et secondaires 🛍️

    On distingue deux types de fragments de plastiques : les microplastiques primaires, produits intentionnellement, comme les microbilles de certains cosmétiques ou les fibres synthétiques de nos vêtements. Et les microplastiques secondaires, issus de la dégradation d’objets plastiques plus gros : pneus de voiture, bouteilles, emballages en tous genres, etc. Des études estiment que 90% de la pollution plastique provient des microplastiques secondaires et que chaque année, c’est 14 millions de tonnes de microplastiques qui se retrouvent dans les océans.

    Où trouve-t-on ces microplastiques ? 🕵

    Nous produisons tellement de plastique qu’il se retrouve dans l’air des grandes villes, dans l’eau et dans la terre. Le problème du plastique est qu’il n’est pas « biodégradable » comme le serait le bois ou un autre matériau naturel. Le plastique est créé à partir de pétrole : en chauffant du pétrole on isole certaines molécules qu’on vient ensuite récolter et assembler ensemble comme un collier de perles. Le problème est que rien ne prédestine ces molécules à rester ensemble. Ainsi, sous l’effet de la chaleur, d’abrasion ou sous l’influence d’autres espèces chimiques, des morceaux se détachent : ce sont les microplastiques et ils transportent avec eux des perturbateurs endocriniens.

    Cuillère de plastique

    Les effets des microplastiques et des nanoplastiques sur la santé 🏥

    Il existe de plus en plus d’études scientifiques qui relèvent les conséquences de ce plastique sur notre santé. Tout d’abord il faut comprendre que la plus grande partie du plastique que nous ingérons est rejetée dans nos selles. Cependant, avant d’être rejetées, ces particules ont le temps de provoquer des inflammations dans nos organes. Les plus petites de ces particules : les nanoplastiques, sont les pires. Elles sont si petites qu’elles peuvent traverser la barrière intestinale et rejoindre le sang. Une fois dans le sang, elles circulent dans tout le corps avant d’aller s’accumuler dans nos organes : estomac, cerveau, testicules, etc. Malheureusement aujourd’hui tous les humains de la planète ont du plastique dans leur corps et les habitants des pays occidentaux sont les plus touchés par ce problème.

    Pourquoi les bébés sont les plus vulnérables ? 🍼

    Les plus petits sont les plus exposés aux microplastiques pour trois raisons :

    • Ils portent tout à leur bouche, passent leur temps au sol près des particules en suspension et en ingèrent des milliers quand ils boivent leur lait dans un biberon en plastique chauffé. Proportionnellement à un adulte, un bébé ingère 10 fois plus de microplastiques qu’un adulte par rapport à son poids.
    • Leur système immunitaire est moins développé et leur intestin est plus perméable, résultat : ils éliminent moins bien ces corps étrangers.
    • Ils sont en plein développement et donc ces particules peuvent avoir des effets à long terme. À titre d’exemple, une étude de 2024 des patients testés avaient une quantité importante de plastique dans leurs testicules, perturbant la spermatogenèse et établissant directement un lien entre notre exposition au plastique et la baisse mondiale de fertilité.

    Comment réduire l’exposition aux microplastiques ? Conseils pratiques :

    Les microplastiques ont 3 sources principales : l’air, l’eau et nos aliments. Il faut donc agir sur ces trois axes.

    Pour toute la famille 🧑‍🧑‍🧒‍🧒

    • 🌬️ Aérer régulièrement pour évacuer la poussière chargée en microplastique
    • 🦺 Limiter les textiles synthétiques et les laver à froid.
    • 🚰 Si la qualité de votre eau du robinet est trop mauvaise, vous pouvez la filtrer avec du charbon actif.
    • 🔥 Ne pas chauffer de contenant en plastique et utiliser du verre ou de l’inox pour tout ce qui touche à l’alimentation.

    Pour les plus jeunes 👶

    • 🧸 Eviter les jouets en plastique avec une provenance douteuse.
    • 🧽 Nettoyer le sol et les surfaces avec un chiffon humide pour limiter l’inhalation de poussière.
    • 🍼 Proscrire les biberons en plastique et opter pour des alternatives en verre ou en matériaux naturels sans perturbateurs endocriniens.

    En résumé 📝

    Les microplastiques représentent un enjeu majeur de santé publique, en particulier pour les plus petits. Leur omniprésence et leur persistance dans l’organisme nécessitent une prise de conscience collective et des actions concrètes pour limiter l’exposition. En attendant des réglementations plus strictes, chaque geste compte pour protéger notre santé et celle de nos enfants.

  • Tétine caoutchouc VS silicone : comparaison

    Tétine caoutchouc VS silicone : comparaison

    Choisir la tétine est souvent déterminant lors de l’achat du premier biberon ou des premiers accessoires pour bébé. Entre tétines en caoutchouc et tétines en silicone, comment choisir celle qui sera la mieux acceptée par votre enfant ? La forme, le matériau et la souplesse jouent un rôle clé dans l’acceptation par le nourrisson. Explication.

    Tétine en caoutchouc : souplesse et matière naturelle 🌱

    Le caoutchouc est issu du latex, une sève extraite de l’hévéa. Cet arbre tropical est cultivé pour cette ressource naturelle, principalement en Asie du Sud-Est, en Afrique ou en Amérique du Sud. La matière finale est très souple et élastique, idéale donc pour des tétines.

    Le caoutchouc a tendance à être mieux accepté mais il n’est pas possible de faire de généralité pour tous les enfants. La texture naturelle est un atout. Enfin, le caoutchouc naturel est partiellement biodégradable : il se dégrade dans des conditions naturelles, mais il lui faudra quelques années.

    Le contre-coup de ces caractéristiques est le vieillissement plus rapide des tétines bébé en caoutchouc par comparaison au silicone. Surveillez notamment l’apparition de fissures ou un toucher collant. Il est également recommandé de ne pas exposer trop longtemps le caoutchouc au soleil, qui ternit et perd de son élasticité.

    Attention aux imitations de caoutchouc ! Le caoutchouc naturel existe et sera souvent plus cher qu’une imitation en plastique ou en silicone de couleur jaune.

    Quid de l’allergie au latex ?

    En cas d’allergie, les symptômes peuvent être l’apparition de rougeurs autour de la bouche, de l’eczéma ou de l’urticaire. Une réaction allergique impose de remplacer toutes vos tétines en latex par du silicon.

    Tétines et sucettes en silicone : hypoallergéniques et résistantes 💪

    Le silicone est fabriqué à partir de silicium, un matériau présent dans le sable ou le quartz. Les avantages de cette matière sont qu’elle est résistante et hypoallergénique, c’est-à-dire que tous ses composants n’ont aucun risque de causer des allergies.

    Les tétines en silicone ont tendance à avoir une plus longue durée de vie que les autres. Cependant, les signes d’usure peuvent être plus difficiles à détecter : à la première fissure au niveau des perforations, il faut la changer. Sans quoi la tétine peut devenir un nid à bactéries.

    Le silicone est moins tendre que le caoutchouc. Il peut être plus difficilement accepté par les nouveaux nés ou en parallèle de l’allaitement au sein. Là encore, les contre-exemples ne sont pas rares !

    Du BPA dans le silicone ? ☣️

    Le BPA permet d’améliorer la résistance des matériaux mais cela ne servirait à rien dans le cas du silicone.

    Il existe pourtant des articles d’associations de consommateurs pointant du doigt des traces de BPA dans certaines tétines. Ces traces peuvent s’expliquer par la composition des pièces plastiques annexes (ce qui n’enlève rien à la dangerosité de la substance).

    Retours d’expérience 💬

    “Les tétines en caoutchouc ont été les seules acceptées par mon enfant pour l’allaitement mixte. Leur souplesse naturelle est plus proche de celle du mamelon. L’aspect naturel me rassure également.” – Margot, maman de Paul (9 mois)

    ”Je suis partie sur des tétines en silicone quand mon fils a eu 6 mois. Je voulais faire de l’allaitement mixte pour ma fille mais je me suis rendue compte qu’elle acceptait de moins en moins le sein. J’ai alors opté pour le caoutchouc naturel et tout est redevenu comme avant. Je pense que le caoutchouc lui demande moins d’effort et est plus similaire à mon sein. » – Capucine, maman de Maya (10 mois)

  • Textiles synthétiques : fausse bonne idée ?

    Textiles synthétiques : fausse bonne idée ?

    Pendant des milliers d’années, les humains ont fabriqué leurs vêtements, leurs meubles et leurs objets du quotidien à partir de matériaux naturels comme la laine, le cuir, le lin, le chanvre ou le bois. Ces ressources étaient renouvelables, durables et biodégradables contrairement aux textiles synthétiques. Leur transformation reposait sur des savoir-faire artisanaux qui respectaient les cycles naturels et produisaient peu de déchets persistants.

    fils synthetiques de polyester dans une usine

    Fils de polyester dans une usine

    L’essor de l’industrie pétrochimique au XXe siècle et l’apparition des fibres synthétiques 🏭

    Au XXème siècle, un basculement majeur s’opère avec l’explosion de l’industrie pétrochimique. Les entreprises découvrent qu’il est possible de transformer le pétrole brut en fibres textiles et en matériaux plastiques. Le nylon, le polyester, l’acrylique et le polyuréthane s’imposent progressivement dans l’industrie de la mode, tandis que les PVC et autres polymères remplacent de plus en plus le bois. Le cuir synthétique, souvent appelé simili cuir, prend la place des peaux animales.

    Ces nouveaux matériaux séduisent avant tout pour des raisons économiques. Ils coûtent moins cher à produire, permettent une fabrication de masse rapide et offrent aux industriels la possibilité de déposer des brevets, verrouillant ainsi le marché et sécurisant les profits.

    Le triomphe des fibres synthétiques dans le textile et la pollution au polyester 🥽

    Aujourd’hui, les vêtements contenant du polyester représentent 90 % de la production mondiale. Ce chiffre illustre à quel point les matières synthétiques sont devenues omniprésentes. Pourtant, à chaque port et à chaque lavage, ces textiles libèrent des microplastiques. Ces particules invisibles se retrouvent dans l’air, dans l’eau et finalement dans notre corps, contribuant à une pollution diffuse et durable.

    Des matériaux toxiques et non biodégradables aux effets environnementaux et sanitaires durables 🚮

    Le cuir synthétique, fabriqué à partir de résines comme le PVC ou le polyuréthane, pose également de sérieux problèmes sanitaires. Ces matériaux émettent des composés chimiques associés à des perturbations hormonales. Contrairement aux matières naturelles, ils ne se biodégradent pas et peuvent polluer les écosystèmes pendant des siècles.

    Malgré cela, certains gouvernements et grandes entreprises continuent de présenter ces produits comme des alternatives plus « durables ». En réalité, la majorité des matières synthétiques proviennent de combustibles fossiles et génèrent une pollution massive tout au long de leur cycle de vie.

    Le mythe du progrès textile et le greenwashing des matériaux synthétiques 🍉

    Si le remplacement des matières naturelles par des matériaux synthétiques était réellement synonyme de progrès, pourquoi sommes-nous aujourd’hui entourés de produits plus fragiles, plus toxiques et presque impossibles à éliminer ? Cette contradiction révèle le décalage entre le discours marketing et les conséquences réelles de ces choix industriels. Il ne faut pas nier qu’il existe des usages spécifiques pour lesquels le textile synthétique apporte un vrai plus par rapport à des matières naturelles mais ces applications restent très largement en marge de la consommation de masse.

    Repenser notre rapport aux textiles : mode durable, réutilisation et production biologique 👕

    Face à ce constat, il devient essentiel d’augmenter la réutilisation des textiles et de réduire notre dépendance aux fibres synthétiques. Se tourner vers des marques qui privilégient la production biologique, les matières naturelles et les circuits responsables est une étape clé pour limiter l’impact environnemental du textile et retrouver une forme de cohérence entre progrès, santé et durabilité.

    Pourquoi en parler ici ? 🧐

    Bien que Petite Tortue ne soit pas un fabricant de textile, le combat est le même : retourner à des matières naturelles et se servir du progrès technologique pour améliorer nos vies et notre environnement. Ne pas tout sacrifier au nom du profit.

  • Perturbateurs endocriniens : les effets sur l’organisme (infographie)

    Perturbateurs endocriniens : les effets sur l’organisme (infographie)

    produits chimiques

    Vous avez sûrement déjà entendu parler de “perturbateurs endocriniens”. Ils sont de plus en plus souvent évoqués dans les médias et les débats publics mais au fait, qu’est ce qu’un perturbateur endocrinien et comment influe-t-il sur notre organisme ?

    🔬 Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

    Un perturbateur endocrinien est une substance chimique ou naturelle qui interfère avec le fonctionnement normal du système hormonal (aussi appelé système endocrinien).

    Ce système est composé de l’ensemble des organes qui sécrètent et régulent la production d’hormones. On peut citer parmi eux la thyroïde, le pancréas, l’hypothalamus, les ovaires ou les testicules. Le fonctionnement normal de ces organes joue un rôle dans :

    • la croissance,
    • le développement,
    • la reproduction,
    • le métabolisme,
    • et même l’humeur.

    Un perturbateur endocrinien est donc une substance qui imite, bloque ou modifie l’action des hormones, entraînant ainsi des effets sur la santé de la personne.

    🧠 Comment agissent-ils dans l’organisme ?

    Le système hormonal fonctionne comme un réseau de messagers chimiques. Les hormones sont produites par les organes du système endocrinien pour répondre à des besoins spécifiques. Elles sont libérées dans le sang et vont se fixer sur des récepteurs bien précis pour déclencher une réponse biologique. Malheureusement, un perturbateur endocrinien peut :

    • 👥 Imiter une hormone (par exemple, certains bisphénols agissent comme des œstrogènes). Le corps pense alors recevoir un signal nécessaire alors qu’il s’agit d’une interférence. Chaque hormone ayant un rôle bien spécifique, le corps produit alors la mauvaise réponse.
    • 🚫 Bloquer un récepteur hormonal et empêcher l’action naturelle d’une hormone (le récepteur est bloqué et ne peut plus recevoir de “vraie” hormone)
    • 🔄 Altérer la production, le transport ou l’élimination des hormones naturelles.
    fonctionnement perturbateurs endocriniens

    Même de très faibles doses, surtout à des moments clés du développement (comme la grossesse ou l’enfance), ces perturbateurs peuvent avoir des effets importants. En effet, lors de ces périodes, le système hormonal travaille à plein régime et de trop grandes perturbations peuvent perturber les mécanismes de régulation du corps, déclencher des réponses au mauvais moment, fausser le développement des tissus sensibles aux hormones et, à long terme, contribuer à des pathologies complexes.

    Où les trouve-t-on ? 📍

    Les perturbateurs endocriniens sont malheureusement présents autour de nous, parfois à notre insu. On les retrouve dans :

    • 🧴 Certains cosmétiques (parabènes, filtres UV chimiques),
    • 🧃 Emballages alimentaires (BPA, phtalates),
    • 🧼 Produits ménagers (retardateurs de flamme, solvants),
    • 🌾 Pesticides et herbicides,
    • 🏭 Certains produits industriels ou matériaux plastiques.

    Ne paniquez pas plus que de raison, certes, ils sont omniprésents mais ce n’est pas parce qu’ils sont autour de nous qu’ils pénètrent forcément notre organisme. Cependant, quand ils sont présents à forte dose, ils peuvent s’accumuler dans l’environnement et contaminer l’eau, l’air ou les aliments.

    Quels sont les risques pour la santé ? ⚠️

    Les effets varient selon la substance, la dose et le moment de l’exposition. Les études scientifiques ont mis en évidence des liens possibles entre les perturbateurs endocriniens et :

    • des troubles de la fertilité (baisse de la qualité du sperme, puberté précoce),
    • des malformations congénitales,
    • certaines maladies hormonales (troubles thyroïdiens),
    • des cancers hormono-dépendants (sein, prostate),
    • des troubles métaboliques (obésité, diabète de type 2).

    L’impact peut être particulièrement marqué pendant la grossesse, car le fœtus est en pleine phase de développement.

    Un enjeu de santé publique et environnemental 🌍

    Les perturbateurs endocriniens ne concernent pas uniquement les humains : ils affectent aussi la faune. Certains pesticides ou produits relâchés dans la nature se retrouvent dans les fruits ou les animaux que nous mangeons. On a déjà observé des anomalies de reproduction chez des poissons vivants à des endroits pollués. À long terme, l’accumulation de perturbateurs endocriniens dans les écosystèmes peut déséquilibrer des chaînes alimentaires entières.

    Comment réduire son exposition ?🛡️

    Même si l’exposition zéro est difficile, des gestes simples peuvent la limiter :

    • 🍽️ Privilégier les aliments sans pesticides et frais plutôt que ceux emballés en plastique,
    • 🍕 Réduire sa consommation de nourriture transformée,
    • 🚫 Éviter de chauffer des aliments dans des contenants en plastique,
    • 🧼 Choisir des cosmétiques et produits ménagers avec des labels fiables (ex. : “sans parabènes”, “bio”),
    • 🧴 Aérer régulièrement son logement,
    • 🪴 Laver ses fruits et légumes pour réduire le nombre de résidus de pesticides.

    Ce que dit la réglementation👨🏻‍⚖️

    La France et l’UE n’ont commencé à encadrer les perturbateurs endocriniens que récemment. Le bisphénol A (BPA) a d’abord été interdit dans les biberons en 2011, puis dans tous les contenants alimentaires en 2015. En 2017, l’UE a défini des critères officiels d’identification pour les pesticides et biocides, mais de nombreuses substances présentes dans les cosmétiques, plastiques ou textiles n’ont pas encore été évaluées.

    En règle générale, la réglementation demeure en retard sur les avancées scientifiques et de nombreuses molécules suspectes restent autorisées, faute de données à long terme et de substituts industriels disponibles. À titre d’exemple, la loi pour l’interdiction du BPA dans les contenants alimentaires en France a été votée en 2012 pour une mise en vigueur en 2015 ; le temps de laisser aux industriels le temps de s’adapter…

  • BPA : tout savoir sur son interdiction en France et en UE

    BPA : tout savoir sur son interdiction en France et en UE

    Le Bisphénol A (ou BPA) est une substance chimique utilisée principalement dans la fabrication de polycarbonates (un plastique) à usage alimentaire. Le BPA a été utilisé pendant de nombreuses années dans les bouilloires, les cafetières, les biberons, les boîtes de conserve, etc. Avant d’être interdit en 2011 dans les biberons et en 2015 dans l’ensemble des produits alimentaires.

    molécule de BPA

    Pourquoi utilisait-on du BPA ? 🧑‍🔬

    Le bisphénol A est une molécule de synthèse qui constitue la base de certains plastiques comme le polycarbonate ou certaines résines époxy. Le BPA permet de rendre les emballages alimentaires solides et aussi d’augmenter la résistance au feu du matériau.

    Le problème du BPA 🥫

    Le problème du bisphénol A est qu’il a la fâcheuse tendance à migrer vers le produit alimentaire. Sous l’effet de l’humidité ou de la chaleur, ce composé chimique se détache du plastique et contamine le produit. Ce qui est un réel problème pour boîtes de conserve (remplies de liquide) ou des biberons (accueillant du lait chaud).

    Des recherches menées dans les années 2000 ont montré que l’exposition au BPA chez les fœtus et les jeunes enfants pouvait :

    • perturber le développement du système nerveux
    • affecter le développement des organes sexués
    • modifier le développement neuro-comportemental

    Le BPA est un perturbateur endocrinien, il empêche le développement normal du système hormonal de l’enfant.

    Interdictions du BPA 🚫

    L’interdiction du bisphénol A (BPA) en France est le résultat d’années de mobilisation scientifique, associative et politique. Dès les années 2000, des études internationales et françaises, notamment celles de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), mettent en lumière les dangers du BPA : il est alors suspecté d’affecter la reproduction, le développement des enfants, et d’être lié à des risques de diabète, d’obésité et de maladies cardiovasculaires. L’Anses publie notamment plusieurs rapports affirmant que ces effets indésirables ont lieu même à des doses inférieures aux seuils réglementaires. Ils révèlent que les risques sont particulièrement prononcés chez les femmes enceintes et les nourrissons.

    interdiction du bisphénol A

    Sous la pression d’associations, de médecins et de scientifiques, la France agit en pionnière. En juin 2010, l’Assemblée nationale vote l’interdiction du BPA dans les biberons, une mesure étendue à l’Union européenne en 2011. En décembre 2012, le Parlement français adopte une loi interdisant le BPA dans tous les contenants alimentaires, effective dès 2013 pour les produits destinés aux moins de 3 ans puis généralisée en 2015 (pour laisser le temps aux industriels de se retourner). En 2016, l’Agence Européenne des Produits Chimiques (AEPC) classe d’abord le BPA en catégorie 1B « présumée toxique pour la reproduction » avant de l’élever à « substance extrêmement préoccupante » la même année.

    Malgré ce classement, il faudra attendre 2024 avant que l’Union Européenne interdise le BPA dans l’ensemble des tous les matériaux en contact avec les aliments. Aujourd’hui, il existe plusieurs alternatives sans BPA, selon les usages :

    • le verre : durable, réutilisable
    • l’acier inoxydable : résistant, ne libère aucune substance, mais il est opaque
    • d’autres plastiques : suite à l’interdiction, l’industrie à mis au point d’autres plastiques, mais des études longs termes manquent aujourd’hui pour prouver leur innocuité.

    Réduire son exposition au BPA 📉

    Bien que le BPA soit interdit dans les contenants alimentaires en France, il peut encore être présent dans d’autres produits, notamment venant de l’étranger. Pour votre protéger au mieux :

    • évitez de chauffer vos plastiques (surtout au micro-ondes),
    • privilégiez les aliments frais ou surgelés plutôt qu’en conserves,
    • remplacez vos contenants en plastiques abîmés ou rayés, car ils libèrent plus facilement des substances chimiques.

    En résumé 📝

    Le BPA a été interdit en France, car il présentait un risque, comme les autres perturbateurs endocriniens, pour la santé et particulièrement le développement des jeunes enfants. Cette interdiction progressive, soutenue par une forte mobilisation citoyenne, a fait de la France l’un des pays des pays pionniers dans ce domaine, 10 ans avant le reste de l’Europe. Les alternatives au BPA, comme les autres bisphénols (de B à Z), restent cependant sous surveillance car leur composition est proche et les risques potentiels ne sont pas encore pleinement évalués.

    Pour conclure, même si des alternatives plastiques existent aujourd’hui, privilégiez tant que possible les matériaux sans plastique tels que le bois, le verre ou l’inox.

  • Quelle matière pour le biberon ? 🍼

    Quelle matière pour le biberon ? 🍼

    Deux questions reviennent fréquemment lorsque le choix du biberon s’impose : quelle tétine et quelle matière pour le contenant ?

    Pour répondre à cette deuxième question, Petite Tortue vous propose une revue des solutions aujourd’hui sur le marché 🐢

    différentes matières de biberon

    Le polypropylène, pratique mais douteux

    Ce plastique pétrosourcé a l’avantage d’être léger et de résister aux chocs. Il a pris le relais du polycarbonate, abandonné par l’utilisation de BPA au début des années 2010. Mam, Avent, Nuk, Dodie… les marques leader utilisent ce plastique pour proposer des produits pratiques à un prix plus faible que les autres options.

    Les pharmaciens recommandent de renouveler ses biberons en plastique. Ceux-ci vont avoir tendance à ternir et à se rayer. Les fissures qui se dessinent au fil des lavages peuvent devenir des cachettes pour des germes.

    Aujourd’hui, les articles scientifiques, relayés par la presse, se multiplient sur les microplastiques que ces biberons peuvent relâcher. Ce phénomène est particulièrement important lors de la chauffe. Le risque ne vient pas tant du plastique que des substances qu’il peut transporter. Ces substances, appelées additifs sont ajoutées au polypropylène pour que celui-ci ait de meilleures propriétés mécaniques. Ces additifs éveillent des soupçons quant aux perturbateurs endocriniens qu’ils peuvent relâcher.

    Le verre, l’innocuité au prix de la praticité

    Le verre supporte très bien la chaleur, ne garde pas d’odeur et ne ternit pas. L’absence de particules relâchées rassure en général les parents et sa durabilité est appréciée.

    Mais son poids et son caractère cassant sont source de crainte et freinent l’adoption de cette matière, particulièrement lorsque l’enfant cherche à se saisir de son biberon. Certains revendeurs le recommandent pour les premiers mois de l’enfant, lorsque le biberon est plus petit.

    Le biberon en silicone, à la mode

    Le silicone est la tendance du moment. Sa légèreté, sa souplesse et sa durabilité en font une matière pratique, facile à manipuler et à laver. On le retrouve dans les biberons haut de gamme.

    Pas de microparticules certes, mais attention : le silicone est hydrophobe ! Le rinçage est alors moins efficace et cette matière tend à capter goûts et odeurs des aliments et produits d’entretien. Après avoir lavé le biberon au produit vaisselle, une partie de ce produit se retrouvera dans le lait du biberon. Soyez donc vigilants lors du lavage. Les marques de vaisselle de puériculture se remettent actuellement en question sur ce matériau pour ces raisons.

    Le biberon en inox, le choix de la durabilité

    Incassable, durable et plus léger que le verre, les biberons en inox sont adoptés par les parents les plus engagés. Ils sont hygiéniques, isothermes et adaptés pour les premiers repas de bébé. Leur opacité et le fait qu’ils ne passent pas au micro-ondes sont les principaux freins à l’adoption de cette matière. Le prix élevé de ces biberons est justifié par une durée de vie infinie.

  • Chauffer du plastique : les 3 dangers cachés à connaître absolument ⚠️

    Chauffer du plastique : les 3 dangers cachés à connaître absolument ⚠️

    Le plastique est omniprésent dans notre vie de tous les jours : bouteilles d’eau, tupperwares, biberons ou jouets pour enfants. C’est un matériau très pratique, léger et souvent coloré. Il nous semble inoffensif. Pourtant, lorsqu’il est chauffé, le plastique peut libérer des substances chimiques nocives pour la santé telles que des perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A (BPA) ou certains phtalates.

    Il est important de comprendre ces mécanismes pour mieux se protéger de ces poisons invisibles.

    bouteille plastique chauffe au soleil

    1. Une bouteille d’eau laissée au soleil : le plastique se transforme silencieusement ☀️

    C’est l’été, il fait beau et surtout, il fait chaud ! On pense bien à prendre avec soi sa petite bouteille d’eau. Mais il est fréquent de l’oublier dans la voiture ou en plein soleil. Or, sous l’effet de la chaleur, le plastique se ramollit, perd de son intégrité et des particules se retrouvent dans votre eau. Ces particules font partie de ce qu’on nomme les perturbateurs endocriniens : elles bloquent l’action naturelle des hormones et sont difficilement évacuées par l’organisme. Plusieurs études montrent que plus la température augmente, plus la quantité de micro-plastiques dans l’eau est importante.

    2. Chauffer du plastique au micro-ondes : une habitude à éviter

    Si vous aviez, comme moi, la fâcheuse tendance à réchauffer directement votre repas du midi pendant plusieurs minutes au micro-ondes à 900 W, c’est une habitude à bannir. Peut-être que votre tupperware est déjà ressorti orange suite à des pâtes bolognaises, et que cette teinte ne partait pas au premier lavage. Si oui, alors c’est que la sauce avait migré vers le plastique. Malheureusement si cela fonctionne dans un sens alors cela fonctionne aussi dans l’autre.

    De la même façon que pour la bouteille en plastique, la chaleur intense du micro-ondes altère la structure du plastique, favorisant le transfert de substances chimiques dans les aliments. Tous les plastiques ne se valent pas, mais la réalité est que, par sa composition chimique, un contenant en plastique finira tôt ou tard par relâcher des perturbateurs endocriniens dans votre nourriture.

    Les aliments riches en graisses ou acides accentuent encore ce phénomène. Ainsi, une soupe, une sauce ou un plat réchauffé dans une boîte plastique peut contenir plus de composés chimiques qu’un plat réchauffé dans un contenant en verre ou en céramique.

    chauffer du plastique au micro ondes

    ⚠️ Ces substances ont été associées à des effets sur le système hormonal, la fertilité, le développement neurologique et le système immunitaire.

    3. Biberons et vaisselle pour bébé : une attention particulière 👶

    Les bébés et jeunes enfants, encore en développement,  sont les plus sensibles à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Leur organisme est en plein développement et absorbe plus de substances en proportion que celui d’un adulte. C’est aussi lors de ces périodes que l’activité hormonale est la plus élevée, or ces substances perturbent le bon développement hormonal.

    Même si le bisphénol A est interdit dans les biberons, certains plastiques contiennent des substituts comme le BPS ou le BPF qui pourraient avoir des effets similaires.
    . Chauffer un biberon en plastique au micro-ondes ou verser de l’eau bouillante dans une assiette plastique pour bébé augmente le risque de migration chimique.

    C’est pourquoi de nombreux experts en santé recommandent de privilégier le verre, l’inox ou les contenants conçus spécifiquement pour résister à la chaleur sans relargage de substances nocives.

    4. Comment réduire les risques liés au plastique chauffé

    Heureusement, quelques gestes simples permettent de limiter considérablement l’exposition aux perturbateurs endocriniens :

    • Ne laissez pas vos bouteilles d’eau chauffer en plein soleil 🌞
    • Evitez de chauffer vos repas directement dans des contenants en plastique, même “micro-ondables”. 🍽️
    • Pour les bébés, privilégiez les biberons et la vaisselle sans plastique ❌
    • Remplacez les contenants plastiques abîmés ou rayés, plus susceptibles de libérer des composés chimiques. 🔁

    En résumé 🌿

    Chauffer du plastique que ce soit volontaire ou non, peut avoir des conséquences. La chaleur favorise la libération de perturbateurs endocriniens vers le contenu de la boîte, avec des effets sur le système hormonal.

    Les bébés étant particulièrement vulnérables, mieux vaut adopter des alternatives plus sûres quand cela les concerne.

    🌱 Adopter une bonne habitude dès aujourd’hui peut avoir un grand impact sur la santé de votre famille demain.