
En tant que parent, vous faites quotidiennement des dizaines de choix pour protéger votre bébé. Le choix du biberon en fait partie. Mais saviez-vous que la science s’est penchée en détail sur ce petit objet du quotidien et que les résultats méritent qu’on s’y attarde ? Microplastiques, perturbateurs endocriniens, bonne température de préparation… Voici un tour d’horizon honnête et documenté sur ce que nous apprend la science sur ce petit contenant.
Santé bébé et BPA dans les biberons : histoire d’un perturbateur endocrinien interdit
Revenons un peu en arrière. Avant 2010, une grande partie des biberons vendus en France étaient fabriqués en polycarbonate, un plastique contenant fréquemment du bisphénol A (BPA). Ce composé chimique, utilisé pour rendre le plastique plus résistant, avait notamment un gros point faible : sous l’effet de la chaleur, il se détachait du plastique pour migrer dans le liquide contenu dans le biberon (il était également très utilisé dans les boîtes de conserve).
Le problème est qu’un fois dans le corps, le BPA agît comme un perturbateur endocrinien : il imite les hormones sexuelles féminines et interfère avec le système hormonal. Les recherches ont mis en évidence des liens avec des troubles de la reproduction (en particuliers chez les garçons), des problèmes de développement cérébral, des dysfonctionnements métaboliques, et même des effets sur le système cardiovasculaire.
Face à ces données préoccupantes, la France a été pionnière en Europe : l’interdiction du BPA dans les biberons a été votée en 2010 avant d’être étendu à l’ensemble des contenants alimentaire en 2015. L’Union Européenne étendra cette interdiction à l’ensemble des matériaux en contact avec des aliments en décembre 2024, soit dix ans après la France.
📌 Attention aux substituts : certains fabricants ont remplacé le BPA par le bisphénol S (BPS) ou le bisphénol B (BPB). Selon l’ANSES, leurs propriétés perturbantes pourraient être similaires, voire plus prononcées. Vérifiez toujours la mention « sans bisphénols » sur le packaging.
Microplastiques dans les biberons : que dit la science en 2026 ?
Une fois le BPA banni, les fabricants ont peu à peu abandonné le polycarbonate et se sont massivement tournés vers le polypropylène (PP). Un plastique réputé plus sûr. Mais une étude publiée en 2020 dans la revue Nature Food a provoqué une onde de choc dans la communauté scientifique.
Des chiffres qui donnent le vertige
Des chercheurs du Trinity College de Dublin ont voulu simuler la libération de particules de microplastiques lors du passage d’un biberon au micro-onde. Ils testé pour cela les biberons en polypropylène les plus vendus au monde. Ils ont trouvé que certains libèrent jusqu’à 16 millions de microparticules de plastique par litre de lait*. En extrapolant cette donnée, ils ont calculé qu’un bébé de 12 mois en Europe ingèrerait en moyenne 2,6 millions de microparticules de plastique par jour alors que l’OMS estimait ce nombre entre 300 et 600 pour un adulte.
* les chiffres particulièrement élevés de cette étude contrastent par rapport aux autres rapport scientifiques sur le sujet et pour cause : les chercheurs irlandais ont tenté d’atteindre le maximum de particules libérées (chauffage extrême, solution liquide agressive, etc.). Mais cette étude a au moins permis d’indiquer à la communauté internationale que les chiffres de l’OMS étaient bien sous-estimés.
Risques des microplastiques pour la santé des nourrissons
Les effets précis sur les nourrissons ne sont pas encore pleinement documentés chez l’humain et pour cause : il n’existe pas de groupe témoin (non exposé au plastique). Des études animales suggèrent des impacts potentiels sur le microbiote intestinal, le métabolisme, les organes sexuels et le cerveau. Les particules inférieures à 10 micromètres peuvent traverser la paroi intestinale et voyager dans le corps. On en retrouve même dans le placenta (via le sang de la mère).

Biberon verre, inox ou plastique : quel matériau choisir pour bébé ?
Face à l’ensemble des recherches récentes, les chercheurs recommandent unanimement de favoriser les matériaux sans microplastiques.
Le biberon en verre : la référence sans risque de migration
C’est la solution sûre, le corps du biberon reste inerte et aucune particule ne migre dans le lait, quelle que soit la température. Il est cependant parfois écarté à cause de son poids ou de sa fragilité.
Le biberon en inox alimentaire : résistant et totalement inerte
L’inox alimentaire est inerte chimiquement, très résistant et ne libère aucune particule mais il souffre d’un très gros inconvénient : il n’est pas transparent, il est même complètement opaque.
Biberon en silicone : une alternative à évaluer
Le silicone de grade médical est parfois proposé comme alternative. La qualité varie cependant significativement selon les fabricants : vérifiez toujours qu’il s’agit de silicone alimentaire certifié, sans charges de remplissage.
Comment réduire les microplastiques du biberon : 5 gestes simples
Si vous désirez garder votre biberon en plastique, voici la routine à mettre en place pour réduire l’exposition de votre bébé :

- Ne chauffez jamais le biberon au micro-ondes. C’est, de loin, le mode qui libère le plus de microplastiques.
- Préparez le lait dans un récipient annexe (casserole inox, verre) et transférez-le dans le biberon une fois refroidi à bonne température. Ne chauffez pas directement le corps.
- Après stérilisation, rincez 3 fois avec de l’eau claire avant utilisation.
- Évitez de nettoyer le biberon avec des brosses trop dures, les frottements augmentent la libération de particules.
- N’utilisez pas de bouilloire en plastique pour chauffer l’eau, elle libère elle aussi des microplastiques en quantité comparable (et de plus en plus avec le temps).
Chez Petite Tortue, nous pensons que les parents méritent des informations claires, sourcées et accessibles pour faire les meilleurs choix pour leur bébé. 🐢
